Isabil de Saint-Moulin

dimanche 22 juin 2008

Mon Corps et La Souris

Mon Corps crie famine
Mais La Souris ma voisine
N'est pas donneuse loin s'en faut
Il lui prie de lui donner
Quelques caresses pour subsister
Jusqu'à la lune ronde et pleine
La Souris se trouve fort occupée
"Qu'est-ce qui vous préoccupe donc tant ?",
Demande Mon Corps affamé
"Je balance", dit La Souris
"Vous balancez ? Et bien aimez maintenant !"

Égotisme?

Parle-moi !
Écoute ce cri de guerre
Qui remonte de mes entrailles
Parle-moi !
L'amour commence par cela
Moi j'ai donné ma langue au chat
Parle-moi !
Raconte toutes tes futilités
Bonnes ou non tes pensées
Parle-moi !
J'en boirai de grandes lampées
Je me languis de ta spontanéité
Parle-moi !
Cherche à me questionner
Plonge-toi dans ce que je fais
Parle-moi !
Laisse-moi m'intéresser à toi
Fais de tes paroles mon toit
Égosille-toi !
Parle-moi !
Assouvis-moi !
Regarde-moi !
Je suis là !

Mon égotisme n'est point une vaine ergoterie
Mais une aspiration sincère à peindre ton cœur

L'Amour

Trois mots que l’on susurre
Doucement à l’oreille
Ou bruyamment à la Pantagruel
Maintes fois révélés en pensée
Trop peu dévoilés au grand jour
Que cesse cette mascarade
Je ne masquerai point la réalité
Ces sentiments qui me submergent
Sous prétexte qu’il est malade
Il est amputé de l’amour
Je m’attache à le panser
Je ne sais si je suffirai
Mais il est ma seule raison d’aimer
Écoute jusqu’à l’usure
Je suis comblée
L’amour ne cesse pas
Il ne fait pas baisser les bras
Au quotidien il est là
Il est ma force, ma volonté
Ma résistance, ma loyauté
L’amour est tellement fort
Qu’un feu vous dévore
Il fait parfois mal
Mais il a mon aval
Il vous ravage, vous enrage
Il vous chevauche, vous rend gauche
Il est une prière, un aveu sincère
Il emplit, il envole
Il fait partager ce que vous n’avez
Il est le dernier souffle
Le seul bagage de l’âme
Un regard
Et me voilà un nénuphar
Je grandis sur cette mare
Gorgé de soleil
Les pieds dans l’eau
Un sourire
Je suis le soupir
Une pause sur une partition
Elle se retient comme une respiration
S’expire pour mieux repartir
Une présence
Et tu te fais lumière
Tu emplis mon univers
Je me fais clairvoyance
Tu traces mon chemin
L’amour comble et fait grandir
L’amour porte et nourrit
Je veux mourir dans ses bras
Rien de plus
Si ce n'est te le donner
Prends-le-moi

Ponctuations

Point d’interrogation
Phase d’incompréhension
Ôtez ce signe
Qui me rend indigne
Points de suspension
Accrochée à lui
Ne suis-je qu’un courant d’air
Terminez cette phrase
Un rien m’abrase
Point d’exclamation
Positif ou négatif
Signe de colère ou de joie
Au choix
Que choisissez-vous, sieur
Faire mon bonheur
Assener le malheur
Pitié tapez le point final
Ou continuez à nous raconter
En ajoutant une virgule
Refusez le recul
Ne me faites point de mal
Mettez-moi entre parenthèses
Si cela soulage votre malaise
Ou prenez-moi dans vos crochets
Je vous aime ?
Je vous aime
Je vous aime !
Je vous aime…
Je vous aime… !?
Je vous aime,
Je vous aime.
Je vous aime… !,

Imbroglio (extrait 16)

Le silence est devenu trop pesant
Diantre il était si rassurant avant
Mais tu avais alors ma confiance
Maintenant je vis la désespérance
Chaque silence devient une question
Chaque question demande à quoi tu penses
J’habite avec le silence
Mais les voix m’habitent
À tes côtés ma solitude connaît croissance
Deux êtres perdant la convergence

lundi 16 juin 2008

Imbroglio (extrait 15)

Un ciel si gris
Des nuages ouateux
Contraste entre le bleu
Et la noirceur de mon âme

Cette plage
Maintes fois arpentée
Solidement arrimée
Dans la douceur de tes bras

Cet horizon
Si longuement contemplé
Où nous laissions dériver
Le plaisir d’un instant

Tant d’éphémère
Mais tant d’amour…
Mon regard plane
Sur les vagues mouvantes

C’est ton ombre que j’entrevois ?
Un vague mouvement de l’âme…
Ou peut-être la solitude
D’un chagrin qui tangue

Si seulement cette marée
Léchant outrancièrement mes pieds
Pouvait m’envahir sans relâche
Pour que je retrouve mes attaches
Je ne suis plus rien sans toi
Rien qu’une goutte qui erre
Un désir que rien ne tempère

Tu es si loin…
Et si je laissais mon corps
Doucement gagner par les flots
…pour te revoir
Rien qu’une fois…

Je vois des courants
Se dresser contre moi
Pour me ramener à la raison
Pour me ramener à la maison
Est-ce toi ?
Je sais, il m’attend
Je dois rentrer à bon port
Pour lui, pour moi
Pour le souvenir de toi
Je voulais te revoir
Rien qu’une dernière fois
Au revoir.

mercredi 30 avril 2008

Imbroglio (extrait 14)

Esclave de sa vie
C’est la barque qu’elle mène
Point de vocalise, ni de friandise
Elle occupe un monastère
Son âme est cloisonnée
Il n’est rien de pire que l'amour
Quand ses liens déjà tentaculaires
Vous emprisonnent
Elle y est ligotée et ne peut se défaire
Point de leçon tirée
Elle est toujours tiraillée
Elle n’est jamais assez
Tous la remettent en question
Mais ne viennent pas prier
Pour la paix de leur raison
Esclave de son amour
Il lui faut tout accepter
Autrui ne peut changer
Autrui ne veut changer
Le passé encercle les âmes
La douleur martèle les pions de leur vie
Il suffirait de renverser la reine
De combattre le roi à l’épée
Croiser le fer avec les fous
Pour qu’enfin au travers des filets
La rosée vienne s’apaiser
Esclave de cette attente
L’amour lui est force et courage
Elle ne cesse d’espérer :
Un jour il va revirer
Mais dans la pénombre du couvent
Face à ses larmes
Elle ne peut s’empêcher de douter :
Et s’il était un fou qui s’ignore
Perçu comme un preux chevalier
Qui par attrait d’une dame
Materait la tête couronnée
Pour mettre en échec ce qu’elle a donné ?
Pour elle le jeu est terminé
Si elle ne peut être aimée
Elle tirera sa révérence
La bonne fée n'est pas passée
Ou a omis de les délivrer
Prions encore de nos deux cœurs
Puisse notre souffrance
En amour être transformée
Puissent nos destins
À jamais être liés

Bienvenue


Isabil a le plaisir de vous accueillir à sa table pour partager un buffet de poésie. Attisez vos papilles, allongez-vous à la romaine et savourez chaque raisin comme un pur moment de plaisir. Sucez-le, prélevez-en la douce moelle, laissez-le fondre sur votre langue pour en tirer un vin dont la cuisse n'a de pareil que celle de votre miss.
Carpe diem et aimez-vous !

Sincèrement vôtre,

Votre dévouée distractrice


  P.S. : éditeurs, amis de passage, sans vous Isabil ne peut exister. Si ses mots vous ravissent et vous nourrissent sans maux, rejoignez sa table et offrez-lui un buffet plus présentable…